EXPOSITION D’ART CONTEMPORAIN

22 juillet – 15 septembre 2022

Catharsis : Une Procession extatique vers Délos

Dimitris Alithinos

Dafni Atha

Textes de Alia Tsagkari

Arnados Tinos

Juillet 22-Septembre 15, 2022

 

Organisée par EuroMare
Sous les auspices de Tinos Festival et la Municipalité de Tinos
Avec le soutien de Ballis Tinos et Estia Services

Catharsis : Une Procession extatique vers Délos est un projet d’exposition d’art contemporain qui se développe en deux parties distinctes, qui se croisent à l’articulation instinctive d’une « mythologie de la catharsis » moderne qui réenchante la réalité désenchantée.

Sous la lumière égéenne éblouissante et le vent purificateur de Tinos, la réalisation in situ de la 228e Dissimulation par le célèbre artiste grec Dimitris Alithinos constitue la première partie de l’exposition. Appartenant aux Dissimulations notées, un projet en cours qui a commencé en 1981 comme une « dissimulation de la mémoire » et implique un réseau international de 227 sites, l’immersion d’une installation à grande échelle dans les entrailles terrestres d’Arnados constitue l’homologue séculière du rituel offrandes qui ont précédé les rituels primitifs de purification (catharsis).

Absorbant les spécificités régionales du lieu choisi, l’intervention sculpturale dans les entrailles d’Arnados apparaît comme une descente vertigineuse dans les profondeurs de l’abîme, où sacrifice rituel et extase sacrée, mort et érotisme coexistent. Le résultat de la violente rupture de la terre de Tinos et de l’insertion subséquente de 300 bouteilles de vin rouge, de 2 caisses en bois, de 41 disques d’argile imprimés d’extraits de l’Hymne à Apollon et d’un volumineux rocher semi-réfléchissant, la fosse béante du la Dissimulation incarne la violence structurelle de la mort et de l’érotisme.

La chthōn (terre) fragmentée qui enveloppe l’objet de la Dissimulation – le sacrifice – devient le signifiant des pouvoirs générateurs et destructeurs qui régissent l’art et la vie. Au fur et à mesure que l’installation s’enfonce dans le sol, elle transcende la déchéance et la mortalité et entre dans une sphère extra-sensorielle inaccessible. Ainsi, elle brise les frontières entre le visible et l’invisible, aiguisant les dimensions cérémonielles de la performance comme un rituel de médiation entre le séculier et le transcendantal. Le lieu choisi, face à l’île sacrée d’Apollon, le dieu de la lumière, intensifie le caractère mystique de la performance. De la lumière immatérielle à l’obscurité stygienne, la Dissimulation instancie la procession primitive du Soleil – Père – Phallus à la Terre – Mère – Ventre. Parallèlement, l’immersion de l’œuvre dans la terre signale son éloignement du monde physique, son sacrifice.

Incitant à une série d’associations avec des libations de vin et d’offrandes de sang, la Dissimulation se transforme à travers le travail indépendant et personnel de Dimitris Alithinos en un palimpseste de signes/symboles archétypaux qui visualise un processus rituel d’écriture. De plus, l’incorporation au sein des 2 caisses en bois d’objets personnels, que les visiteurs offriront/sacrifieront au cours de l’exposition, non seulement souligne les aspects sacrificiels de l’installation, mais réintègre également sa conception initiale de « dissimulation de la mémoire ». Plus précisément, en tant que forme de dépositaire au profit des générations futures, la 228e Dissimulation réaffirme avec force l’exigence urgente de préservation et de continuation de la vie, tout en exprimant simultanément l’angoisse face au danger d’extinction de l’espèce humaine.

Dans ce schéma rituel, la plasticité anatomique viscérale des surfaces rouges sanguinaires de la série Proliferation de Dafni Atha complète le caractère sacramentel de l’exposition en tant qu’étape préparatoire menant à la catharsis. Mêlant peinture, photographie et estampes, la série se concentre sur l’exploration visuelle des micro-variations anatomiques de surfaces hétérogènes, de textures, d’éléments naturels et de parties du corps. À travers le rendu macrophotographique de divers objets trouvés, des détails spécifiques sont appropriés, qui, perpétuellement répétés, produisent des compositions abstraites d’éléments irréguliers. Gouttes de peinture non dissoute et résines aux textures humides, gommes laques solides, Mytilidae et Ostreidae deviennent les éléments fondamentaux de compositions hémorragiques à grande échelle. La véracité anatomique abjecte, combinée aux finitions organiques et spongieuses, déclenche une corrélation troublante avec les sacrifices de sang qui ont précédé la catharsis.

L’exposition s’appuie sur les pratiques mystiques, viscérales et chthoniques de purification, qui avaient lieu dans le temple de Poséidon et d’Amphitrite à Kionia Tinos avant que les anciens pèlerins n’aillent à Délos. Entremêlant des structures mythologiques fondamentales avec des approches visuelles contemporaines, Catharsis cartographie l’interrelation organique entre les deux îles sacrées et centres religieux vitaux de l’Antiquité, Tinos et Délos.

Face à l’infinité de la mer Égée et au caractère sacré de Délos, l’exposition en tant qu’une catharsis contemporaine vise à enlever les « filtres » imposés de l’extérieur qui occultent l’interrelation étroite des deux îles. Ainsi, l’exposition met en lumière l’intemporalité du passé primordial, archaïque et mystérieux de l’île en esquissant un voyage extatique à Délos.

L‘exposition est organisée par EuroMare, sous les Αuspices du Festival de Tinos et de la Municipalité de Tinos, avec le soutien de Ballis Tinos et Estia Services.

Pour plus d’informations :

Alexis Caniaris, Chef de Projets
Tel. 210 92 21 254 / 6942 790 439
caniaris@euromare.eu